Foyer de la danse à l'Opéra. Edgar Degas. Musée d'Orsay. Paris. 1872.


Le Foyer de la danse à l'Opéra de la rue le Pelletier

Edgar Degas. (1834-1917)

Musée d'Orsay. Paris.
1872.   32 cm par 46 cm.


L’air est empesé par l’effort de l’exercice… De multiples et légères petites ballerines occupent l’espace de la salle de répétition de leurs tutus amples et vaporeux, flocons blancs dans l’atmosphère. L’une esquisse un entrechat, l’autre s’étire à la barre, une autre encore, alanguie sur un tabouret, étire ses muscles endoloris. Au premier plan, sur une chaise, gisent un éventail rouge et un mouchoir. La lumière vient accrocher le satin rose d’une pointe, l’éclat immaculé du tulle, le velouté d’un dos, le chatoiement d’un ruban coloré. Le tout sous le regard attentif, paternel et sévère, du maître de danse, la canne à la main. Jules Perrot, ancien danseur devenu maître de ballet, est resté emblématique de ces célèbres compositions où Degas se plaît à répéter, avec de multiples variantes, l’ambiance si particulière d’une classe de danse.

Vitrine du Second Empire, l’Opéra Garnier, achevé en 1875, vient remplacer l’Opéra de la rue Le Peletier au sortir duquel Napoléon avait subi un attentat en 1858. Victime d’un incendie en 1873, l’Opéra de la rue Le Peletier, longtemps fréquenté par Degas, était son préféré, pour l’ambiance feutrée et resserrée de la salle, la parfaite qualité de l’acoustique.